• Figures
    simiesques
    tordues, distordues
    Soutine où es-tu ?
    pourquoi me hantes-tu ?
    pour qui me hante tue !
    le Cri dans ma nuit


  • LUI
    un peu voûté
    chemise froissée
    aime les déserts
    les ciels sans nuages
    plonge dans l’étendue safran
    en partance

    ELLE
    gracile
    robe fleurie
    amoureuse vert d’eau
    s’approche
    pose une main légère
    sur son épaule
    le retenant

    LUI
    penché maintenant
    tord le cou
    pour goûter l’oasis
    il s’abreuve
    le sac à dos
    en goguette

    ELLE
    fragile
    confiance ébranlée
    resserre son étreinte
    dans la chaleur
    de la fin de journée
    une pincée d’épices
    lui suffira chez elle

    de passage
    ils repartent sans mots
    main dans la main.


  • Figures rencontrées, le matin, autour de la Basilique... toute ressemblance avec des personnes ayant réellement existé ne pouvant pas être tout à fait fortuites...

    Un
    contemple
    prend ses repères, mitraille photos
    trace quelques lignes sur son papier
    un, assis, se remplit les yeux

    Deux
    missel sous le bras
    gilet sur les épaules
    quittent la basilique, semblent sereines

    Un (peut-être plusieurs)
    Dans grosse berline grise métallisée
    roule rapide sur les pavés
    piétons faut s’écarter

    Un
    dos courbé sur tabouret pliant
    regard va et vient entre feuille et motif
    cueille la lumière du matin

    Plusieurs
    arrivés tôt
    attendent l’ouverture
    déchiffrent les tables bordeaux

    Deux
    prennent un café ou un déjeuner
    sur une terrasse fraîchaérée
    deux reprennent souffle
    Nouveau départ, nouvel ailleurs est programmé


  • Figure-toi qu’ils l’ont faite taire
    L’amante
    La soeur
    Sa voix ne disait rien
    Mais ses ongles rongeaient la terre
    Figure-toi qu’ils ont lié
    Ses mains
    Qui modelaient l’argile en corps sublimes
    Figure-toi qu’ils ont éteint
    Ses yeux
    Qui transperçaient l’invisible des bustes
    Figure-toi qu’ils ont muré
    Son corps
    En un asile sans plumes ni pinceaux ni glaise à façonner
    Figure-toi que malgré
    Elle a volé la marne sur le bord des chemins pour pétrir son visage
    Figure-toi qu’autrefois ils nous l’ont aliénée
    Seule
    Avec ses démons
    Et de soif elle mourût
    Mais à ce jour
    Revanche
    Belle
    Ombrageant tous ses maîtres
    Et le frère
    Et l’amant
    Elle figure au musée

    en souvenir de Camille Claudel et de toutes celles qui n’en sont pas revenues

  • Et parmi tous ces visages
    Des figures inconnues et des figures connues
    Flâneurs, observateurs
    Et parmi tous ces visages
    J’essaie d’imaginer ton image
    Pour m’éloigner vers d’autres rivages
    A quoi peux-tu ressembler toi
    Qui est sauvage ?


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