• J’ai tracé un trajet de Brioude à Quimper, c’est un fil tendu, une pensée, depuis la pointe de l’aiguille qui pique le renflement du B. Je n’ai jamais fait le trajet inverse, la mer était mauvaise, j’ai erré dans Brioude une aiguille à la main et j’ai perdu le fil.


  • « La droite est le plus court chemin pour aller d’un point à un autre ».
    Gare !
    Surtout n’approchons pas !
    Vite !
    Fais moi la courte échelle !
    Coupons les cordeaux tirés !
    Emmêlons les fils à plomb !
    Raturons l’espace euclidien !
    Amputons les compas !
    Emoussons les équerres !
    Gommons les lignes !
    Brisons les règles !
    Perdons le Nord !
    Et nous avec mon ange…


  • Un soleil ardent brille sur la sous-préfecture.
    A l’ombre des platanes sur le cours Léon Blum
    j’ai enfin trouvé une place pour ma voiture.
    Quelle chaleur les oiseaux en perdent leurs plumes !

    Que ne ferais-je pas pour trouver une rime,
    me rendre en quatrième vitesse rue de Nozerines
    et ma chemise made in china me colle à la peau
    en traversant hors des clous l’avenue Clémenceau

    lunettes de soleil vissées sur le haut du front,
    un touriste « mézieux, barlez-vous Allémand » ?
    "Nein" lui répondis-je en me dirigeant vers la rue G Sand
    tout en coupant rapidement par la ruelle Savaron

    Rue de la madeleine, je lui ai apporté des lilas
    je me prends pour une bête humaine rue Zola
    pendant qu’un peintre rue des tulipes
    tire tranquillement des bouffées sur sa pipe

    Nom d’une, je n’ai pas vu l’heure passer
    rue des frênes j’accélère l’allure
    pour rejoindre au plus vite ma voiture
    avant de prendre un pv par la marée-chaussée

    promenade loufoque du pingouin


  • 13h 40 Café Lecture la CLef
    on prend un café avec Niko, on souffle. Niko montre le mur qu’il est en train de repeindre, d’une couleur chaleureuse, sa trace, ce quelque chose de son passage en ce lieu.

    13h 58 Cour d’école
    On profite du silence, de l’air qui circule. Les artistes rejoignent leurs salles, Jean François, Kristof, Danièle, les bénévoles gardiens de salle aussi : Yolande, Éliane, Philippe...
    Nadine arpente le bitume, caisse de classeurs fermement tenue. Dans la boutique, voix sonores, quelques éclats.
    Les questions de Jean-François sur ce qu’est un artiste, les doutes de la création, ça rumine... "Un artiste c’est quelqu’un qui a quelque chose à dire et qui le transmet".
    Véronique passe de salle en salle, cherche les artistes qui lui manquent.

    14h 53 Salle de Danièle F.
    Touché par "oeufs et journal", on lit à Danièle le texte qu’il a inspiré, on lui lit aussi une note de Alexandre Hollan [1] qui résonne avec son travail. On la copie dans son carnet.

    15h 33 Arrière de l’accueil de la Biennale
    Celle qui se fait appeler "Jeanne" parle de l’oeuvre de Soutine, de la force qu’elle y trouve. Devant elle, une nature morte qui lui évoque beaucoup. Rires, chahut. Plus de retenue s’impose à l’accueil.

    16h 30 Salle d’Évelyne D.
    Fatigue et chaleur abrutissent les corps. On a envie de rien. On parle du travail de l’artiste, du poids de l’administratif, de la création qui oblige au retrait, à l’isolement.
    Quelques sourires, quelque chose s’allège. Juste des mots aucune matière.

    17h 30 Cour de l’école
    Autour de la table bleue, Marie José lit sa flânerie en cours de fabrication. On affine les préparatifs de la visite guidée. Chantal relit son texte entre les draps de blanc, on organise la prise vidéo. On marche pour évacuer le stress qui monte.


  • Départ largement trop tôt , mais faut pas risquer d’être en retard . Les affolements de dernières minutes ,c’est très mauvais pour poser sa voix .
    Sereine, dans le cocon de la voiture , consciencieuse : tu peux faire : « mm... m...MMMM...mmmm...
    mmm....BRRRR ! BBBBRRRR !! » a dit Igor . Personne ne te trouve ridicule , à part toi .
    Bouchon !!! Mauvais présage ! Tout devient signe , c’est plus fort que toi. Bien sûr , hier soir , ta voix te semblait bien posée , collée à tes intentions ; mais sera-t-elle au rendez-vous dans trois quarts d’heure ,comment la retrouver , quels fils dénouer ? Reste calme , tu vas y arriver « mmmm mm mmm »
    Seront-ils bienveillants , que viennent-ils chercher.... ? Non , petit cœur , reste calme , ce n’est pas le moment , tu meurs d’envie de leur parler ,je sais ,je sais ...Ton heure approche .


  • Les stikmous ont encore frappé
    Quelques kilomètres au-dessus de Langeac
    En dessous de Saugues
    Charraix
    Beauté du granit, du serpolet
    Un jour, je t’emmènerai.....

    Pleurnicheries et bavardages
    Sable et nage
    Les chiens aboient.

    Nous rentrons
    serviettes ensablées
    bières
    La soirée s’étire toute entière.


  • Pour descendre de la Visitation j’ai presque couru dans la pente : depuis je sens mes lombaires pousser de petits cris.
    Souvenirs de cinq peintres au bas de mon dos !
    Au stop vif et réveillé sur le boulevard de ceinture je traverse lentement.
    Des pavés dans les ruelles étroites ,j’apprécie l’ombre.J’essaye de ne pas trébucher et d’être digne.
    .Une démarche lente et assurée qui cache bien son jeu me conduit bien sur dans l’église pour un répit qui croit peut être aux miracles.Avec Julien tout peut arriver.
    Retrouver la voiture place d’Alger.
    Ce n’est pas un jour pour se perdre.


  • Chercher l’ombre, dans les ruelles étroites,
    dans d’improbables impasses.
    Dédale de vieilles pierres, de portes et de volets fermés,
    quelques jardins secrets
    cours discrètes, ignorées.
    Echos de soupirs, plaintes muettes, mots doux peut-être.
    Pas nonchalant pour déambuler, goûter à l’égarement.
    Pensées rares, divagations…
    Enfin un banc. Poser son corps fourbi de chaleur.
    Fermer les yeux sur la ville assoupie.
    Se croire ailleurs.


  • Trajet de vie

    Maison
    Travail
    Travail
    Maison
    Boulot-dodo
    Pas métro
    Mais trop !
    repos
    retraite
    trajet de vie active
    terminé
    vive la liberté !!


  • Errance entre tes épaules
    abandonnées à mon envol
    danse folle
    farandole
    à Sebastopol


  • le 22 juillet 2013
    07h12 du matin Vaux-Rouillac, Charentes, altitude 80 m
    kilomètre 0

    Nous quittons un espace simple et sacré, un temple d’amour mort, mais les dieux même morts ont droit à un lieu pour pleurer. Une belle demeure en pierres dures pour durer plus longtemps que les coeurs qu’elles ont emprisonnés, et bâtie pour l’éternité.

    18h10 Brioude, altitude 500m
    kilomètre 280

    Cette ville au nom chaud comme une brioche, torsadé comme un bigoudis, égaré comme un nom sans lieu, s’est étalée autour de sa basilique comme toutes les autres mais la voiture la prend à rebrousse-poil, la relit à l’envers depuis ici jusque là-bas, roulant comme on remonterait du bas de la nef jusqu’au haut du choeur, comme on remonterait le temps du profane présent au choeur passé le plus sacré.


  • Routine
    Assez de faire tous les jours le même trajet
    Changer de décor
    Peindre une autre ville
    Avec d’autres noms de rues
    Assez de marcher toujours sur les mêmes pavés
    Mes talons en sont esquintés
    Mes pieds ratatinés de gravir les mêmes escaliers
    Tous les jours le même menu
    Même en changeant de vue
    Ereintée
    Je veux prendre un autre trajet.


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