• Square Séguret


    Deux bancs marqués par le temps
    l’un que les frondaisons du tilleul
    maintient à l’ombre
    l’autre chauffé à blanc

    Dans l’air immobile,
    le cri des oiseaux qui s’ébattent
    le tournoiement d’insectes
    et le silence à peine perturbé
    par le passage de voitures au loin.

    Petit coin de verdure
    où la force du cèdre côtoie la vigne naissante
    où la fontaine Bayard retrouve le puits à la rotonde
    où les remparts de la vieille ville entourent les jeux d’enfants aux couleurs vives

    Le square Séguret cultive le retrait...


  • Une dernière gorgée de bière.
    Au fond du verre,
    un regard.

    - Tiens, qu’est ce que tu fais là ?
    - Je t’observe de l’au-delà.
    - Dans une Goudale, c’est bien de toi.
    - La vie, ça va ?
    - Ecoute, ma foi dans un transat, sous un arbre, y’a pire...Tu sais y’a toujours un petit peu de toi qui traîne entre le plexus et l’occiput....Et la mort, c’est comment ?
    - D’une Goudale ?...Chatoyant.


  • j’irais bien sur la lune
    toute ronde comme elle est ces derniers soirs
    sur la lune pour m’asseoir
    et regarder de haut la terre
    et la lire et l’écrire
    mais le voyage est encore un peu cher

    alors je reste ici prisonnière
    et dans les rues de Brioude j’erre
    à la recherche du coin obscur
    du petit pan de mur
    pour m’installer et rêver
    faire un peu de lecture
    et peut-être entrer en écriture


  • SANG 4

    elle ne portait qu’un éventail rose

    derrière le papier plié
    et son filet de nacre
    deux grands papillons d’été
    s’envolaient
    se reposaient
    de leur palpitation éphémère

    si elle n’avait pas été orientale
    j’aurais pu croire
    qu’elle était celle
    embrasser
    la première fois


  • Enfin un peu de fraîcheur. Ombre et ruissellement de l’eau, je me suis assis mon bloc notes sur les genoux. Un doux zéphir vient caresser ma nuque. Quelle solitude, seul le bruit de l’eau est présent. Glougloutement, avec parfois un bruit de cascade, seuls quelques insectes m’accompagnent dans ma quête de béatitude et du devoir enfin accompli.

    L’orage gronde au loin, continu roulement du tonnerre....à moins que cela ne soit le bruit d’un moteur. Un torrent d’eau surgit inondant mon lieu de solitude. La poignée de la porte est secouée

    « Il y a quelqu’un ? Vous devez sortir, nous nettoyons les toilettes publiques »

    Brioude fait sa toilette !


  • Un ADLAB

    dans une cabane
    ou sous un escalier
    on vous a aimé
    vous, les festivaliers

    avec vos demandes :
    hétéroclites
    insolites
    Sainte Marguerite ?
    Vite !
    pour les sites ?
    vers la guérite

    vous nous avez demandé
    tout ce que l’on peut imaginer
    Avez-vous été satisfaits ?
    Notre sourire vous a-t-il accompagné ?
    Alors, vous connaissez l’ADLAB
    l’accueil de la Biennale !


  • Oloé pour personnes lessivées...


  • Comment suis-je arrivée devant cette porte ? Je ne m’en souviens pas. Mais je suis bien là face à cette porte bleue. Encore du bleu ! Elle doit être fermée à clef. Mais lancée dans mon mouvement, je continue à pousser le battant de la porte d’Etrop. Victoire, ce dernier s’est ouvert, je pénètre à pas de velours dans cet endroit où je découvre tout un univers de mi-nuit clairsemé de jour, de silence, d’invitation au repos et à la rêverie.
    Près du petit banc de pierre coule une fontaine, je perçois un nuage de fraîcheur bienvenu en cette journée caniculaire. La vigne vierge mêlée au lierre grimpe le long du mur et les roses trémières aux milles couleurs se pavanent au milieu des pavés. Toute cette atmosphère si particulière invite à la création. Alors je m’assied sur le petit banc de pierre et derrière la porte d’Etrop, loin de toi, j’écris mon journal... Est-ce que tu me mens ? Est-ce que tu joues avec mes sentiments ? Je remplis des pages et des pages en espérant que tu pousses cette porte.


  • Brioude, jeudi 24 juillet 2013, après le tonnerre et les foudres du jour…

    Trouver un Oloé ! Vite ! Où ?
    Suivre l’instinct
    Chercher ?
    Surtout pas !
    Un trou de serrure, rue d’Alsace, dans la façade d’une maison en ruine.
    Dedans : forêt vierge ? Savane ? Nichées d’oiseaux ? Chats ? Aristo chats ? 101 Dalmatiens ? Oloé ?...
    Non

    Fouiller
    Plus loin
    Une ligne pavée, autour de la Basilique, que je me surprends à suivre en comptant mes pas, minutieusement…
    1…2…3…
    Soleil !
    Côté sud, une giclée de lumière transperce le vitrail : sa plus belle heure du jour…
    37…38…39…
    Je m’applique à suivre mes graines de galets : grises, ébènes, mouchetées, cendrées…
    88…89…90…
    Petit Poucet, j’ai 6 ans !
    128…129…130…
    La grande Porte me souffle son haleine de terre humide, d’encens et de vieux murs :
    « Beurk ! Ça pue la messe ! »
    185…186…187…
    Coté Nord, une rustine de bitume m’arrache quelques instants à ma rêverie : aurais-je perdu le fil ?
    219…220…221
    Passée sous l’Arche qui mène Dieu et curé savent où, je reprends mon filon pavé, rassurée
    261…262…263…
    Sarcophages fossiles : chhhuuuuut « Nos ancêtres les Gaulois reposent ! »
    Saute-mouton
    Funambule
    Je suis le pinceau du peintre sur la palette des gris, je sautille, me prends au jeu
    287…288…
    je murmure, fredonne, chantonne, sonne les matines !
    … 299…
    6 ans !
    … 300 !
    300 pas de long
    le temps d’écrire un tour de graines
    le temps de lire en noir et gris pour que plus rien d’autre n’existe
    Oloé !
    Il s’en fallut de peu que je cloche-pied !


Les flâneries poétiques, qu’est-ce que c’est ? | Comment participer ? | Droits d’auteur | Partenaires
SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0