• Chère maman,

    De bon matin, j’ai réveillé S car j’avais très faim.
    Le lait était délicieux, le reste un peu moins.
    Mais bon, ici, c’est cool.
    Un peu triste, S ne revient que le soir ! Elle bosse.
    Tu parles ! Vu le temps !
    Elle bronze à l’ombre avec une boisson non alcoolisée !
    Bon, je te quitte...
    Je vais manger mes croquettes.
    Miaou !

    signé Tigrou


  • Monsieur

    Vous ne répondrez pas à cette lettre qui ne vous touchera pas mais qui saura vous dire tout ce que vous n’entendrez pas de tous ces mots que pour vous je n’écrirai pas.
    " Le jeune facteur est mort".
    Bien à vous ou à d’autres.


  • Très cher Eugen,

    On est passé déjà deux fois pour voir votre exposition, c’est ma femme qui aime. C’est beau tout plein. Cette année, c’est un peu plus sombre, je trouve. En tous cas, y’a de la spontanéité et de la belle technique, mais, les thèmes ne me parlent pas trop.
    Je retrouve les couleurs, une ambiance de ces pays. Je ne sais pas d’où ça vient mais dans ma tête, ça me rappelle des souvenirs. La Moldavie, c’est en Europe ça ? Je n’arrive pas trop à situer, j’irai voir sur Internet.
    Par contre, vous n’êtes pas gâté par l’éclairage.
    Vos aquarelles rendent moins bien quand elles ne sont pas encadrées. Mais ça dégage... ça dégage quelque chose !!!
    Je ne voyais pas les montagnes bleues mais maintenant, je les vois. Il y a tous ces éléments qui donne l’ambiance, là on dirait une mouche, c’est fait exprès bien sûr. Et puis, la brume qui monte, moi j’arrive jamais à faire cette foutue brume, c’est pour ça que je regarde comment vous faites. Il paraît qu’on trouve votre DVD de démonstration à la boutique... et puis, je vais faire un stage avec Jeannerot, les détails de la nature, ça me plaît bien.
    Michel Léger, je ne sais pas si vous l’avez influencé mais ces nouveaux tableaux ressemblent un peu à ça. Ça fait hyper jeté ! Ma femme, elle fait de l’huile, elle a copié une de vos aquarelles, celle de Nice, elle voulait vous montrer sa reproduction.
    Vous êtes très jeune et déjà autant de talent. D’ailleurs, il reste presque plus rien, ceux qui sont vendus sont partis j’ai l’impression.
    J’ai oublié mon mètre et j’aurai voulu la mesure de celui de Brioude. La bénévole m’a dit 62x46. C’est trop petit 62x46. Il en faudrait un de 80, j’en voulais un de 80. Je vous explique Eugen, j’ai eu la foudre au mois d’octobre et ça m’a tout détruit, je cherche un tableau pour cacher mes trous, un de 80. Vous n’en faites pas en ce moment ? Des tableaux de Brioude en 80 ? L’autre jour, je vous en ai acheté un que vous aviez fait la veille pour l’offrir à ma fille. Si vous en faites un, vous me le dites, merci.
    Celui des bateaux-là, il est très rafraîchissant, très reposant. On a bien regardé le 12 aussi. C’est l’affiche de Belâbre, le 12 ? C’est quoi ? Un village, mais c’est un peu cher, 1200 euros pour un village, c’est un peu cher. Vous savez, il faut qu’on fasse des comptes drastiques, on a déjà pris un petit Scotti et un Karpinska alors... Je crois qu’on va finir par acheter des cartes postales pour nous souvenir. C’est terrible d’être obligé de choisir !
    Vous savez, Eugen, on vient d’une autre expo, à Namur, c’est en mai, en Belgique. Alors, avec l’aquarelle, on commence à avoir une bonne saturation.

    Comme vous n’étiez pas là Eugen quand nous sommes passés pour cette troisième fois, je veux vous dire qu’on aime, on aime beaucoup, très doué, très réussi.

    un visiteur
    Lettre composée uniquement de bribes de conversations de nombreux visiteurs, entendues et piquées sur le vif dans la salle d’Eugen Chisnicean.

  • Brioude le 26 juillet 2013

    Cher Thibaut,
    mon très cher petit frère,
    je profite de l’opportunité épistolaire qui m’est donnée ce jour pour prendre la plume, pour toi. Chose rare, trop rare... La dernière fois je crois c’était en 2003 (10 ans déjà !), tu étais en mission humanitaire à Kandahar et tu faillis ne pas en revenir… Dieu merci tu faillis !
    Ton retour ne nous fût que plus cher, et depuis, la joie de te retrouver, l’idée même de partager quelques moments avec toi, est un soleil ! Avec, après chacune de nos séparations, un petit pincement au cœur, qu’il faut cacher pour ne pas blesser l’autre, les autres, et le même deuil à faire, pour réapprendre à vivre « sans ».
    Tu entres aujourd’hui en quarantaine ! Je te la souhaite bien douce, moi qui m’en éloigne lentement, sereinement, sans lassitude aucune, avec cette même curiosité et envie de tout goûter que lorsque nous étions enfants, que nous courrions après les « premières fois » sans l’ombre d’un seul doute…Innocente enfance africaine… Le temps fripon tente de me faire croire que ces « premières fois » se font plus rares, et qu’il faut composer de plus en plus avec les « dernières »… peut-être…Ne le crois pas le temps fripon, il joue !
    Je t’écris assise sur la margelle de la fontaine de la Place saint Jean, non pas celle du même nom que nous usions autrefois en bord de Saône, mais de Brioude… Place Saint Jean, l’autre, celle que je délaisse malgré moi, et que j’ai retraversée l’année dernière au printemps au bras de papa, avec cette perception fugace et glacée que c’était peut-être la « dernière ». Loin d’en être gâchée, elle n’en fût que plus tendre, et son souvenir plus accrû.
    Reçois ces quelques mots sincères qui ne seront jamais dits, chantés peut-être seulement, de ces chants à deux voix que nous affectons tant et qui toujours nous raviront, tout comme nos mêmes luttes, jamais finales, nos belles lectures et poèmes fredonnés, jusqu’au bout de nos âges.
    Bel anniversaire à toi petit frère
    Que ce soit toujours la première et comme la dernière fois
    Précieusement, intensément et tendrement
    Prends soin de toi et de tes proches
    Bises sororales
    Florence


  • Quelque part au Sud de la France, au bord de la Méditerranée

    Ma chère Amie,
    Je ne voudrais pas que tu vois cet enfer où je viens d’échouer : un gros bourg en béton au bord de la mer (trop civilisé, trop de voiture, trop de lumières artificielles, trop de touristes...) où je loue un bungalow sans âme ; lorsque j’ouvre ma porte le matin, je ne vois même pas le soleil. Ne traînent que des vacanciers outrageusement habillés, et les costumes qu’ils portent ne te feraient pas rêver. Je ne vais pas rester longtemps et pour te décrire les choses terribles que je vis ici, il faudrait que j’ai quelque talent qui, je le sens bien, me manque...
    Je ne suis pas tombée là par hasard, mais sur les conseils d’une agence dont je tairai le nom. Maintenant, je me bourre de petits gâteaux et autres sucreries ; à part ça, c’est le régime moules frites y compris au petit déjeuner, alors je pense qu’il y a beaucoup de risques ! Je me mettrai à la soupe et aux crudités à mon retour. Ça en sera fini du café et des douceurs. Je pense aux confitures qui doivent attendre dans ta cave ; je les laisserai peut-être un peu vieillir...
    Je n’éprouve ici aucune impression poétique, même minime, et il m’est bien difficile d’écrire ; m’y promener le soir, par exemple, avec cette horde de gens tapageurs qui investissent tous les lieux (même la plage au clair de lune), c’est quelque chose d’innommable.

    Je t’embrasse très fort. Ne m’oublie pas, et salut à Brioude, dont la nostalgie me tenaille ici dans cet endroit où je ne voudrais pas être . A bientôt,


  • A TOI

    Toi qui es parti si vite
    toi qui es parti trop tôt
    je te voyais à chaque coin de rue
    où je te rejoignais
    et nous flânions ensemble
    dans ce petit coin de France
    que tu aurais aimé.

    Je te retrouvais dans chaque tableau
    derrière un pinceau
    derrière un certain pigment
    tu sais, cet ocre que tu aimais tant…
    Tu apparaissais
    à travers des formes
    à côté d’une esquisse
    au milieu des couleurs
    et je recevais ton clin d’œil moqueur.

    Le rideau est tombé
    j’attends de te retrouver
    sous d’autres cieux
    pour l’éternité.


  • Lettres nocturnes



  • Lettre B comme... [1]


  • S. I ni sogoma (Bonjour S.)
    I ka kéné ? (ça va ?)
    So mògòw do (la famille ça va ?)

    Cette lettre, que tu ne recevras pas, mais que tu liras peut-être, dans un cyber de Bamako ou de Sikasso (je t’enverrai le lien pour que tu la trouves)…

    ... pour te raconter la chaleur tropicale qui sévit ici, et qui ces jours-ci n’a rien à envier à ton pays. Mais ne te fais pas de soucis, je suis à l’abri, et des coups de soleil, et des orages qui terminent souvent nos journées d’été. Les terrasses de café sont pleines, beaucoup de monde dans cette petite ville dont je te parle souvent, et que tu ne situes pas exactement sur la carte de France. Un jour, si Dieu veut, je te montrerai…

    ... pour partager les émotions que j’ai eues à parcourir des yeux et du cœur toutes ces aquarelles exposées durant deux semaines et qui m’ont donné envie d’écrire et de peindre à mon tour les paysages et les visages du Mali…

    ... pour te dire aussi que je vais penser très fort au Mali ces prochains jours, encore plus intensément que d’habitude, même si je doute fort que ces élections vont arranger les choses dans le bon sens. Mais je le souhaite, je vous le souhaite, de tout mon cœur, de toute mon âme. Tu le sais bien.

    J’écouterai Ali Farka Touré, Rokia Traoré, et quelques autres dont je ne me lasse pas, en attendant quelques nouvelles de là-bas…

    baradaa bè tabali kan (la théière est sur la table)
    k’an sigi ka baroké (nous sommes assis pour bavarder)
    an ka baro ké (parlons ensemble)
    ....
    m’bé sébéw dègè dòòni-dòòni (j’apprends des mots petit à petit)
    ....
    ka an bèn ! (au revoir !)
    ....
    Ala ka i kéné to ! (que Dieu te garde en santé)

    R.


  • Cher L.,

    De cette cour intérieure je t’écris. J’aime les cours intérieures où il y a toujours un brin de fraîcheur et surtout d’apaisement et elles me rappellent l’Italie, ce pays si cher à mon coeur. Je ne sais pas si cette lettre te parviendra. Peut-être as-tu quitté la France pour naviguer sur d’autres eaux, tel était ton rêve de partir sur un bateau à l’aventure ! Avec ta ténacité, je ne doute pas que tu y sois parvenu à le réaliser ce rêve. Où que tu vogues, je te souhaite d’arrimer sur un terrain stable. Je ne t’ai pas oublié et je pense encore plus à toi ces derniers jours, tu aimais la peinture et tu te plairais de naviguer à mes côtés dans ces salles de la biennale où les artistes exposent leurs aquarelles, des oeuvres toutes aussi différentes les unes que les autres, il y en a pour tous les goûts et de toutes les couleurs.
    J’erre seule tout en faisant de belles rencontres éphémères. Mais mon chemin doit être celui-ci la solitude même si je suis très entourée. Je dois accepter mon parcours de vie.
    Au fait, je pratique toujours mes nombreuses activités, ce qui te déplaisait. Mais je n’avais pas envie de changer surtout pas pour un homme. Chacun sa vie comme tu savais si bien me dire.
    Et puis j’écris toujours de la poésie, c’est mon passe temps préféré avec ma sensibilité exacerbée, tu aimais mon écriture pour sa sensibilité.
    Notre histoire c’est du passé et n’en parlons plus mais les souvenirs restent. Je te souhaite bonne chance sur la route de la vie et je t’embrasse bien affectueusement.

    M. 


  • Tu connais Brioude des froids matins d’hiver où une lumière étriquée peine à atteindre la chaussée luisante de pluie ou de gel
    Tu te rappelles des quelques journées de printemps où l’allée de prunus sème ses pétales roses sous un soleil frissonnant
    Tu évoques parfois le craquement des feuilles de tilleuls de l’esplanade lorsque l’automne enveloppe de brume les collines environnantes
    Mais tu n’auras pas partagé avec nous ces chaudes journées d’été où dans un Brioude gai et animé nous avons rêvé devant des aquarelles, nous nous sommes émerveillés devant la machine de Nicolas, nous avons écrit, lu, échangé, rit ….
    Tout cela tu l’as manqué et malgré tout cela tu m’as manqué.


  • Papa, maman, je vous écri cette lettre, car j’ai perdu mon téléfone mobil, et donc je ne peu pas vous envoyait de SMS.

    Vous allaient etres déçu car j’ai manquai de pas grand chose mon baccalauréat litéraire, et je ne pourrez pas envisagé la carrière dont je révé depuis tout petit : dans le journalisme. Tant pi, et au pire, ma professeure principal, elle enseigne le franssais, m’a di que je pourrez envisagé de me tourné ver une associassion d’aide aux iles letrés.

    Si vous pouviait m’aidez je ne trouve pas cette associassion sur le net. Et pourtan je met bien : Iles letrés et google me dit : 0 résultas à votre recherche.

    En attendant d’avoire un nouveau téléfone, je vous embrassent bien fort

    Apapu


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