• Ici, tout autour de Brioude , c’est vert.
    On se promène dans le vert : du blanc presque vert des nouvelles fleurs de sureau , au vert de gris du lichen jusqu’au bleu gris vert des montagnes lointaines , des centaines de nuances de vert se mêlent , s’emmêlent , se juxtaposent s’harmonisent ou se contrarient.

    Ailleurs,…. mon ailleurs à moi est bleu.
    Bleu couleur des océans lointains sous le soleil des tropiques ; du blanc teinté de bleu des vaguelettes qui lèchent mes orteils, au bleu outremer de l’horizon , avec les centaines de nuances crées par les vagues, le vent, la profondeur et les inoubliables turquoises des lagons.
    Et aussi, et surtout, le bleu qui me bouleverse, m’attire et m’enivre, le bleu de la descente dans le bleu. La descente dans le bleu : c’est en plongée avec bouteille quand, depuis le bateau, on plonge tout droit à la vertical en palmant tête en bas vers la profondeur là ou le bleu devient de plus en plus épais bien que lumineux.
    Ce bleu qui me procure une sensation à nulle autre comparable, peut être un retour aux origines mes millions de cellules se réjouissant de retrouver l’océan .


  • Sur le balcon il y a un fauteuil jaune et rouillé
    taché de café et de thé par l’amitié de passage.
    Sur l’étagère il y a un asparagus
    ses mille aiguilles douces frémissent
    à la musique du ventilateur métronome.
    Pas une brise même sage n’affecte l’air tiède et sot
    le temps coule,liquide sucré.
    L’aile bleue d’une libellule aventurière frôle ma tasse
    puis disparaît....
    Mes yeux franchissent la chevelure humide des filaos
    pour aller plonger près des clapotis naissants.
    Envolées sur la mer violette
    par delà une ocre brûlure
    inlassables sont les mouettes
    qui vont et viennent.
    Dans le jardin incendié de soleil sombre et rutilant
    sur le guéridon de marbre
    une coupe bleue de fraîcheur
    remplie de glace à la vanille évoque un rire juvénile.


  • « Il n’y a de pays que l’enfance » René Char

    Epris d’ailleurs
    il ne va nulle part le voyageur
    il déambule et passe
    de quelle couleur est son errance ?

    Où est le gris épais des brumes de mon enfance
    le gris bleu du lac qui l’hébergea
    le gris souris des nuages qui l’obscurcirent
    le gris argent des cheveux de maman
    le gris perle de son sourire
    de quelle errance
    me vient cette nostalgie de gris ?

    Le voyageur grisé de nouveautés
    épris de liberté
    erre de par la terre
    et cherche une couleur


  • Ailleurs, c’est où ?
    Là où l’herbe nous semble plus verte ?
    Où l’air nous semble plus pur ?
    Ailleurs, n’est ce pas une fuite ?

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    photo : Arnaud Denielou

  • Jeudi 6 juin Clermont Ferrand
    Entre deux masses
    pierres noires angulaires
    et dôme verdoyant
    présences rassurantes

    Plusieurs errent dans les rues piétonnes
    baignées de lumière striées d’ombres
    multiples tâches gris de payne
    unique trace d’aquarelle

    tapies en coin de rue
    étranges lampes faites de coquilles plumes écorces ou os
    côtoient morceaux choisis de Biennale

    Au-dedans tous entourent de silence
    celui qui peint


  • Un ailleurs

    Fleurs sauvages aux rouges appétissants
    Mêlées aux verdoyants
    Qui s’agitent au gré du vent
    Avec leur robe fragile
    Dans un doux parfum d’été
    Elles nous engagent à écrire, à peindre et à rêver.


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