• Qui rit ....Qui pleure

    Je suis comme je suis
    Cloué sur ma croix
    Qui n’en est pas une...
    Je suis comme je suis
    Pauvre triste Christ, ou peut-être roi, ou peut-être rien...
    Et mon coeur déborde, ma gorge se noue
    La larme s’échappe, ma gorge se noue
    Et s’en va couler sur le bois de ma joue
    Triste comme je suis...

    Je suis comme je suis
    Quand la lune apporte
    Tout près de ma porte
    L’odeur du tilleul
    A celle du sel s’emmêle...

    Je suis comme je suis
    Un rien me rassure
    Quand la lune luit
    Dans ce fond de nuit
    Où les chats sont gris
    Où Mandrin aussi
    Me tient pour un temps
    Un peu compagnie...
    Je suis comme je suis
    Et de toute ma gueule
    Ma belle gueule de bois
    Du bois de ma croix
    Alors je souris.

    Lamothe le 09.06.2013


  • En passant par Brioude.
    A l’extrémité nord de la rue, un petit café : Arthur se rendant en pèlerinage au Puy, y aurait bu un chocolat chaud chantilly.
    Première petite rue à gauche en allant vers la mairie, ou la bibliothèque, ou la Halle au grains ou la CAF, comme vous voulez.
    Des fois ça frite entre les consommateurs du petit café et les voisins qui ne voient pas d’un très bon oeil, des gens comme Arthur et la faune qui l’accompagne, se désaltérer dans cet endroit où l’on danse la salsa et le roots, où l’on refait le monde chaque soir...

    D’ailleurs, vous ne trouvez pas qu’il tourne plus rond ?


  • Traversant Brioude pour la première fois
    une âme égarée s’en est allée
    marcher à pas feutrés rue de la Ganivelle
    d’où elle a débouché devant cette beauté
    une Basilique dite de Saint Julien l’a reçue
    dans la fraîcheur de ses murs et de ses murmures
    l’âme a erré longtemps médusée
    la lumière des vitraux
    et les reflets de leurs couleurs sur les chapiteaux
    étaient comme autant d’aquarelles instantanées


  • L’hiver s’est installé qui fait glisser les pavés
    Elle a entouré ses pieds de chiffons.
    Sur le parvis, des échoppes,
    du blé pour l’essentiel
    des rubans pour les autres.
    Dans l’ombre,sous le porche,
    un pèlerin à la coquille, dans sa robe de bure
    invite à la prière
    de ses yeux opalins

    Silencieuse elle glisse,furtive
    se faufile ,attentive au silence,humblement.

    la paille dans un coin accueille des enfants
    près d’une Marie au sein nu.
    Les battements de son cœur s’apaisent.
    Oubliant le dehors,elle respire
    dans l’espace et les échos du navire de pierre
    au rythme de son pavage de basalte.
    La lueur orangée des vitraux
    incendie se cheveux
    rien d’autre que cette beauté pour se nourrir.


  • Il était une fois
    une rue dite des Filles de Joie
    étroite comme il se doit
    secrète discrète
    au cœur d’une bourgade du Brivadois


  • Pas si simple d’être saint

    Autrefois vers Julien défilaient multitude de pélerins
    dont les corps pieux se sont inscrits dans la dalle

    Aujourd’hui cloîtré derrière une porte en bois
    reclus au profond de la crypte
    sur pauvres pierres grises et poussièreuses
    entre l’humide du puits et le reliquat de chapiteaux
    trônent les restes de Julien
    qu’on tient à distance
    comme on écarte la mort
    au plus loin de soi

    Autrefois parmi chants païens murmures incantatoires agitation festive
    Julien mort saint gisait au coeur de la vie

    Aujourd’hui deux mouches kamikazes zigzaguent et zanzounent
    ne parviennent à Julien de la vie
    que des pas et des voix assourdis


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